Littérature francophone

De nos blessures un royaume, Gaëlle Josse

Gaëlle Josse réussit toujours un truc un peu dingue : me faire aimer ses livres quel qu’en soit le sujet. Ici celui du deuil. Pourtant, il y a beaucoup de lumière et ce roman particulièrement délicat donne de l’amplitude à notre respiration.

Dans son dernier ouvrage nous suivons Agnès, danseuse qui vient de perdre son compagnon d’une maladie sans nom. Il a été emporté suffisamment lentement pour que, sur la fin, il réclame la lecture de son livre préféré, celui qui l’a guidé tout au long de sa vie. Après son décès elle ressent le besoin d’aller porter ce livre dans au Musée des relations rompues situé à Zagreb où l’on peut venir déposer un objet représentatif d’une histoire qui a été. Dans un monde qui réclame toujours plus de rapidité elle décide de prendre son temps et d’y aller en bus. Elle entame alors un long voyage à travers l’Europe pour avancer sur le long chemin du deuil.

On alterne donc entre son voyage jusqu’en Croatie et de magnifiques extraits de ce roman préféré. L’unique roman d’un auteur oublié qui écrit d’émouvantes et jolies lettres à sa fille unique, handicapée mentale, qui illumine sa vie et se passionne pour la botanique et les jardins. C’est doux. Réconfortant et incroyablement beau.

On ressort de ce roman presque ébloui, comme si l’on sortait d’une torpeur mélancolique. Pourtant Gaëlle Josse est économe en mots mais elle réussit toujours à décrire les émotions qui nous traversent avec précision. C’est une histoire, qui malgré sa thématique larmoyante, est loin d’être triste. On ressort ému.e.

De nos blessures un royaume, Gaëlle Josse aux éditions Buchet-Chastel, 19€50, 2025, 176 pages

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